Groupement de textes la rencontre amoureuse


On note que cet état est exprimé au passé simple, ce qui en souligne la brutalité. A cet état succède enfin, contre toute attente, une véritable explosion de joie. Cette dernière réaction s'explique par la juxtaposition presque grotesque de deux images: Cependant, l'émotion de Mme de Rênal est surtout ici liée à sa propre erreur et à son soulagement de mère. Etrangement peut-être, cette scène de rencontre empreinte d'une grande émotion ne révèle pas de sentiments très précis, l'attirance est évidente mais rien ne laisse vraiment présager de la suite de leur relation.

Dans le passage qui suit, Marianne est à l'église. Elle observe l'assistance et l'effet qu'elle y produit. C'est alors qu'elle remarque un jeune homme intéressant Parmi les jeunes gens dont j'attirais les regards, il y en eut un que je distinguai moi-même, et sur qui mes yeux tombaient plus volontiers que sur les autres. J'aimais à le voir, sans me douter du plaisir que j'y trouvais; j'étais coquette pour les autres, et je ne l'étais pas pour lui; j'oubliais à lui plaire, et ne songeais qu'à le regarder.

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Problématique: LA rencontre amoureuse, cliché ou source d'innovation, de Textes: o Groupement sur des incipits: Sarrasine Balzac, L'écume des jours B. Introduction: le topos de la scène de rencontre · Texte 1: Madame de La Fayette, La Princesse de Clèves · Texte 2: L'abbé Prévost, Manon Lescaut · Document.

Apparemment que l'amour, la première fois qu'on en prend, commence avec cette bonne foi-là, et peut-être que la douceur d'aimer interrompt le soin d'être aimable. Ce jeune homme, à son tour, m'examinait d'une façon toute différente de celle des autres: Les autres applaudissaient ouvertement à mes charmes, il me semblait que celui-ci les sentait; du moins je le soupçonnais quelquefois, mais si confusément, que je n'aurais pu dire ce que je pensais de lui, non plus que ce que je pensais de moi.

Tout ce que je sais, c'est que ses regards m'embarrassaient, que j'hésitais de les lui rendre, et que je les lui rendais toujours; que je ne voulais pas qu'il me vît y répondre, et que je n'étais pas fâchée qu'il l'eût vu. Enfin on sortit de l'église, et je me souviens que j'en sortis lentement, que je retardais mes pas; que je regrettais la place que je quittais; et que je m'en allais avec un coeur à qui il manquait quelque chose, et qui ne savait pas ce que c'était.

Je dis qu'il ne le savait pas; c'est peut-être trop dire, car, en m'en allant, je retournais souvent la tête pour revoir encore le jeune homme que je laissais derrière moi; mais je ne croyais pas me retourner pour lui. Le roman a été publié en plusieurs étapes, et reste inachevé. Le récit de cette rencontre met en relief l'importance accordée par la narratrice à un personnage parmi d'autres. Ce récit se complète d'une analyse précise et subtile que Marianne fait de ses sentiments et de son" jeu ".

En véritable maître du théâtre, Marivaux met en scène une rencontre amoureuse en privilégiant l'aspect visuel. Dans une lecture méthodique on pourra étudier les protagonistes, puis le jeu des regards entre ces personnages et enfin la naissance du sentiment amoureux.

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Dès le début du texte, la narratrice fait exister un groupe de personnages déterminés uniquement par rapport aux effets qu'elle produit sur eux: Petit à petit leur dénomination se fait plus floue: Il faudrait ainsi comprendre l'utilité des " autres " comme des faire-valoir, un groupe qui permet d'isoler davantage l'objet d'attention puis de désir. Preuve en est la disparition totale de ces personnages lorsque l'effet de la rencontre est connu, quand Marianne part, elle se retourne pour ne plus voir qu'une personne: La focalisation interne permet d'analyser les différentes étapes de la rencontre, ainsi même s'il n'y a pas de description du jeune homme, son apparition se fait progressivement, il se singulariseÖ.

D'abord par la volonté même de la narratrice: Ce jeune homme n'existe donc d'abord que par le regard de la narratrice.. A partir de " Ce jeune homme à son tour m'examinaitÖ " les regards se font réciproque et le jeune homme se singularise davantage. La progression est évidente jusqu'à " sentait ". La narratrice a un comportement assez ambiguë par rapport à l'amour.

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D'un côté elle se définit comme quelqu'un qui aime jouer de ses charmes: Ces quelques exemples semblent mettre en scène une libertine soucieuse de provoquer le désir chez les hommes et fière de le provoquerÖCependant, elle est aussi totalement inexpérimentée quant au sentiment amoureux: C'est la sincérité des émotions qui implique la sincérité du comportement et révèle le sentiment amoureux.

La fin du passage fait plus penser à une jeune fille très sage, timide qui part de l'Eglise, un regard très gêné derrière elle, on est loin du début et des " applaudissements ".

La scène de première vue (lycée)

Son nom est à l'origine du nom " marivaudage " qui rend hommage à la finesse de l'analyse des personnages mais aussi à la subtilité du langage. Diderot en parlant des écrivains " qui ont l'imagination vive ", comme Marivaux a dit dans La Lettre sur les Aveugles: Si Diderot pouvait penser au théâtre, sa citation semble pouvoir s'appliquer à ce texte tant le style traduit la sincérité des sentiments.

La fin même de ce texte est un regard, celui que la narratrice porte en se retournant en partant: Assez rapidement, ce jeu des regards devient réciproque.

Au début c'est le regard de la narratrice qui isole le jeune homme comme on l'a vu: L'imparfait souligne ici la régularité, la répétition du phénomène et le verbe " tomber " semble donner au hasard une part qui ne lui revient peut-être pas, ce hasard étant annulé par la répétitivité du regard. Il y a même une sorte d'inversion des rôles, l'observateur devient observé et en est même gênée: Ligne 21 à 24 passage dans lequel réside toute la confusion des sentiments et que nous étudierons plus précisément dans la dernière partie. Marivaux reprend ainsi toute une tradition classique qui définit le regard, les , comme siège du sentiment amoureux.

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Dans le texte, la révélation est assez rapide lorsqu'au début la narratrice dit: Notons cependant que le passage au présent prouve la distance temporelle qui sépare le moment de la rencontre du moment de l'écriture, la narratrice revient sur des faits passés lorsqu'elle raconte cette rencontre et peut donc, très tôt analyser les effets.

Cette phrase, incise dans le schéma narratif, est encadrée par deux verbes significatifs: Ces deux verbes ont pour sujets les deux protagonistes, ils prouvent la réciprocité des regards et en encadrant la réflexion sur l'amour montrent la naissance réciproque du sentiment amoureux. Les circonstances de la rencontre renforcent ce que Marivaux affirmait déjà dans deux titres de pièces. La situation est exceptionnelle et refuse toute préméditation, comme le prouve l'emploi du passé simple au début.

Ce passé simple est encadré par deux imparfaits, ce qui accentue la rapidité du phénomène. Ce n'est que la distanciation entre le moment de l'écriture et le moment de la rencontre qui permet d'analyser la naissance de ce sentiment, les choses vont trop vite -cette distanciation a déjà été montré à la ligne 10, elle est également présente dans " et je me souviens " ligne C'est à partir de ce " souviens " que l'interprétation des comportements ne laisse aucun doute: La situation qui a provoqué la rencontre est donc exceptionnelle, rien ne pouvait prévoir cette naissance du sentiment amoureux.

Au début du texte la narratrice parle davantage de sensations que de sentiments, c'est le plaisir qui domine mais un plaisir très superficiel. Cette superficialité est montrée dans " " j'oubliais à lui plaire et ne songeais qu'à le regarder ", c'est dire que ce souci de plaire, ce plaisir de plaire n'est qu'un jeu auquel la narratrice a l'habitude de jouer. Le doute qui s'installe chez la narratrice quant à l'interprétation des regards du jeune homme prouve l'émergence de sentiments qu'elle ne contrôle pas. La syntaxe même illustre cette perte de contrôle avec le passage lignes 21 à 24 qui multiplie les propositions subordonnées huit occurrences du subordonnant QUE.

L'amour est assumé dès le départ de l'Eglise: A la fin du texte le couple est constitué sans qu'on sache plus de choses sur le jeune homme puisqu'il n'y a eu aucune description. La prétérition reconnue dans. Je dis qu'il ne le savait pas ; c'est peut-être trop dire ". Le souvenir ralentit même les gestes phénomène bien connu du cinémaÖ "lentement ", " retardais " et accentue le sentiment de manque, de regret peut-être même.

C'est encore le décalage temporel qui permet à la narratrice d'élucider les motivations de ses actes et de reconnaître que le charme a agi même si elle tente de se cacher la vérité: Cette rencontre reprend donc certains éléments très traditionnels dans la littérature quant au thème de la rencontre amoureuse.

L'originalité réside peut-être dans le fait qu'on ne sait rien du jeune homme, même après la rencontre et que Marivaux a parfaitement su, grâce à l'écriture, traduire le trouble dans l'esprit de Marianne, à partir de simples regards. Il écrivait: Texte 4: Sylvie est la plus célèbre des Nouvelles de Nerval de son vrai nom Gérard Labrunie.

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Marivaux reprend ainsi toute une tradition classique qui définit le regard, les , comme siège du sentiment amoureux. La fin du passage fait plus penser à une jeune fille très sage, timide qui part de l'Eglise, un regard très gêné derrière elle, on est loin du début et des " applaudissements ". Nous avons dit qu'elle était désignée par 3 adjectifs substantivés qui résument à eux-seuls toutes les connotations liées à une divinités nordique: La scène du parloir, la rencontreJ-R. Cette dernière réaction s'explique par la juxtaposition presque grotesque de deux images: Elle est maître de l'attention de tous et n'est plus la simple Adrienne que le narrateur avait été obligé d'embrasser dans la danse. On ne sait pas grand'chose de Sylvie, la compagne du narrateur l.

Publiée en août , elle fut l'année suivante incluse dans le recueil des Filles du feu. Adrienne, la noble religieuse sublimée en sainte chrétienne ; Aurélie alias Jenny Colon, la maîtresse de Nerval , la comédienne transformée en déesse infernale ; Sylvie enfin, la petite paysanne du Valois de l'enfance de Gérard. Dans le chapitre II de "Sylvie", nouvelle d'inspiration autobiographique, le narrateur se remémore sa première rencontre avec une jeune fille nommée Adrienne.

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Les circonstances de cette scène champêtre en font une sorte de cérémonie magique. J' étais le seul garçon dans cette ronde, où j'avais amené ma compagne toute jeune encore, Sylvie, une petite fille du hameau voisin, si vive et si fraîche, avec ses yeux noirs, son profil régulier et sa peau légèrement hâlée Je n'aimais qu'elle, je ne voyais qu'elle jusque-là.

A peine avais - je remarqué, dans la ronde où nous dansions, une blonde, grande et belle, qu'on appelait Adrienne. Tout à coup, suivant les règles de la danse,, Adrienne se trouva placée seule avec moi au milieu du cercle. Nos tailles étaient pareilles. On nous dit de nous embrasser, et la danse et le choeur tournaient plus vivement que jamais. En lui donnant ce baiser, je ne pus m'empêcher de lui presser la main. Les longs anneaux roulés de ses cheveux d'or effleuraient mes joues.

De ce moment, un trouble inconnu s'empara de moi. La belle devait chanter pour avoir le droit de rentrer dans la danse. On s'assit autour d'elle, et aussitôt, d'une voix fraîche et pénétrante, légèrement Voilée, Comme Celle des filles de ce pays brumeux, elle chanta une de ces anciennes romances pleines de mélancolie et d'amour, qui racontent toujours les malheurs d'une princesse enfermée dans sa tour par la volonté d'un père qui la punit d'avoir aimé. La mélodie se terminait à chaque stance par ces trilles chevrotants que font valoir si bien les voix jeunes, quand elles imitent par un frisson modulé la voix tremblante des aïeules.

A mesure qu'elle chantait, l'ombre descendait des grands arbres, et le clair de lune naissant tombait sur elle seule, isolée de notre cercle attentif. La pelouse était couverte de faibles vapeurs condensées, qui déroulaient leurs blancs flocons sur les pointes des herbes. Nous pensions être en paradis. Je rapportai deux branches, qui furent tressées en couronne et nouées d'un ruban. Je posai sur la tête d'Adrienne cet ornement, dont les feuilles lustrées éclataient sur ses cheveux blonds aux rayons pâles de la lune.

La rencontre entre les deux adolescents est racontée comme un rituel d'initiation. Elle fait d'Adrienne une divinité dont le pouvoir transforme le monde et fait oublier le réel.

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Plan détaillé: La narration est à la première personne du singulier, " je ", cette focalisation interne ne va pas nous permettre d'avoir beaucoup de renseignements sur le garçon puisque c'est lui qui raconte l'histoire: Cet isolement rend la situation exceptionnelle et en quelque sorte focalise toute l'attention du lecteur sur ses réactions ;.

Le narrateur est accompagné d'une jeune fille dont il dit: Cet effet, très théâtral prépare le lecteur à la rencontre amoureuse. Cette rencontre est d'autant plus étonnante que la compagne du narrateur est le personnage éponyme: C'est donc par une surprise que commence ce récit d'une rencontre, surprise du narrateur qui était persuadé de ne voir que Sylvie mais dont l'attention va être captée par une autre, surprise également du lecteur, obligé de se détacher du personnage éponyme pour suivre Adrienne.

Nous étudierons ce personnage de façon plus détaillée dans la deuxième partie de l'étude. Il faut attendre avant de connaître le lieu où se déroule l'action, le regard du narrateur privilégiant la vision d'Adrienne. On sait que Sylvie est une petite campagnarde: On parle ensuite de " ce pays brumeux " plein de mystères donc.

Lorsque la magie de la rencontre agit, le cadre apparaît plus clairement à partir l. La Nature se fait enchanteresse, magique les ombres " descendent ", agissent donc d'elles-mêmes et devient un facteur favorisant la rencontre, lui créant une sorte d'écrin magique: Cette image bucolique se confirme dans le trophée que fabrique le narrateur pour Adrienne, transformée ainsi en divinité païenne Sylphe ou Nymphe. Je posai sur la têteÖrayons pâles de la lune. Le dernier facteur décisif de cette rencontre est le JEU auquel se mêle le narrateur. C'est une ronde d'enfants tout d'abord, la compagne du narrateur est " toute jeune encore ".

Mais très vite, cette connotation s'estompe, le narrateur parle de " danse ", de " cercle " et non plus de ronde.

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Adrienne est désignée par des adjectifs substantivés " blonde, grande et belle ". Une dernière connotation puérile à la ligne 11 " nos tailles étaient pareilles " privil égie le jeu au sentiment amoureux ou au désir à peine évoqué: Cette hésitation peut s'expliquer par le fait que le narrateur sait qu'il n'y aura jamais aboutissement du désir avec Adrienne. A partir de cet instant où les deux personnages sont en présence, le texte va se faire beaucoup lus poétique, métaphorique avec l'intervention du merveilleux. C'est ce que nous allons voir en étudiant plus précisément la rencontre.

La rencontre repose d'abord sur une surprise puis sur un comportement imposé par le jeu. Nous avons déjà dit que rien ne semblait avoir préparé le narrateur puisqu'il avoue ne voir que Sylvie. Exercice d'écriture 1h. Etude d'un groupement de textes 2h. Honoré de Balzac, Le Lys dans la vallée , Gustave Flaubert, L'Education sentimentale , Stendhal, Lucien Leuwen , Pierre Loti, Pêcheur d'Islande , Tourgueniev, Premier Amou r, Rédiger une courte synthèse à partir du tableau complété. Lucien Leuwen. Le ton du récit La description et son effet de contraste symbolique et visuel.

Restituer à l'oral son travail.